J’ai lu Fifty Shades of Grey…

6 sept

Préparez-vous à voir débouler dans les transports, les parcs publics et les salles d’attente une nouvelle race de lectrices. Elles seront faciles à repérer : impossible – pensent-elles – de savoir ce qu’elles sont en train de bouquiner goulûment, le précieux roman aura été soigneusement recouvert d’un papier opaque afin d’en dissimuler le contenu… Faisant déjà l’objet d’un véritable phénomène dans les pays anglo-saxons, la trilogie Fifty Shades s’annonce comme le best-seller de la rentrée en France, n’en déplaisent aux critiques du sérail.

Le retour du roman érotique

Les trois livres marquent la renaissance du roman érotique, qualifié désormais de "Mommy porn", ça fait plus cool. De la littérature porno pour ménagère, en somme. Et les trois opus Fifty Shades of Grey, Fifty Shades Darker et Fifty Shades Freed font des émules. On voit apparaître des sections entières dédiées au genre dans les Fnac et Virgin. Leurs couvertures sont souvent aussi sombres que sobres, aux antipodes de l’imagerie rose et guimauve des inénarrables éditions Arlequin.

Du cul, d’accord, mais encore ?

Après s’être tapé les sept volumes de J.K. Rowling pour faire comme ses enfants, puis les sagas Twilight et Hunger Games, mémère va enfin pouvoir se payer un peu de cul, y a pas de raison. Oui, mais voilà, on peut dire que l’auteur E.L. James fait vraiment le grand écart entre la mièvrerie vampiresque de Stephenie Meyer et la prose d’un Sade en petite forme. Elle  navigue à vue entre sexe trashos (les locataires d’un refuge pour femmes abusées ont même accusé les bouquins d’être de véritables manuels d’instruction à l’usage d’individus aussi pervers que dominateurs) et l’histoire d’amour la plus cucul de la galaxie.

Le pitch

Une jeune étudiante de Vancouver, Anastasia Steele, 21 ans, remplace sa colocataire pour réaliser l’interview d’un des hommes d’affaires les plus prospères de Seattle, Christian Grey, 27 ans. Ils tombent immédiatement sous le charme l’un de l’autre, sauf que lui veut faire d’elle sa "soumise" et non sa petite amie. Adepte des relations SM, Grey n’est pas vraiment un romantique né. La jeune pucelle accepte… jusqu’à ce que les jeux sexuels de son cher Christian deviennent trop violents. Pour le reste, je vous invite à lire les bouquins. ;) Je ne citerai pas non plus de passages, car 1) mon père lit ce blog, 2) c’est en anglais, donc un peu trop excluant à mon goût.

Une foultitude d’acteurs au portillon pour porter Christian Grey à l’écran…

Le verdict !

Comme l’a assez bien résumé une de mes amies : "Dans le tome 1, il la prend par devant et par derrière ; dans le tome 2, il la prend par la gauche et par la droite ; et dans le tome 3, il la prend par en haut et par en bas, le tout rythmé par des interludes où ils ne baisent plus mais échangent comme deux ados attardés sur leur amour mutuel et éternel." Elle y va fort, ma copine, mais même si elle n’a pas tout a fait tort, j’ai plutôt bien aimé. Surtout depuis que je sais que les romans vont être portés au cinéma et que Ryan Gosling est pressenti pour tenir le rôle du sexe sur pattes…

Bref, c’est pas de la grande prose. On regrette le style un peu répétitif, et au terme de la lecture du second opus, on a déjà envie d’offrir à l’auteure un dictionnaire des synonymes. Fifty Shades, c’est avant tout juste un énorme phénomène de société… et marketing : avec ses 40 millions d’exemplaires vendus (si, si), cet "objet" littéraire a fait grimper de concert la libido en berne des rombières, de 30 % les revenus de Bertelsmann, sa maison d’édition, et de 28 % les ventes de voitures Audi (citées toutes les deux pages). Bon, certaines associations accusent E.L. James de prôner la violence conjugale, mais c’est un autre débat…

Sortie de Cinquante nuances de Grey en français le 17 octobre 2012.

Infligé par l’Executive pétasse

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4 Réponses to “J’ai lu Fifty Shades of Grey…”

  1. Angela IEFFI 6 septembre 2012 at 10:45 #

    J’adore!!!! c’est tout à fait ça!! ;)) Hâte de voir le film

  2. lamediathequedebabel 6 septembre 2012 at 13:15 #

    Quand on imagine que ces livres étaient, de base, des fanfictions de Twilight… C’est effectivement la suite logique dans les lectures de "mémère"

  3. Pierre de Nylon-Mode 6 septembre 2012 at 14:49 #

    Et si ce roman "marketing" n’était que l’étude sociale dans le miroir d’une amérique agonisante de ses paradoxes : n°1 du cul religieux coincé, n°1 de l’industrie porno, n°1 du politiquement correct, n°1 des naissance à moins de 15ans, n°1 des communautés religieuses qui épient les amourettes de tout un chacun et n’assume aucun mensonge. Oui mais derrière les cerveaux bridés, il y a une libido, des sentiments et parfois de l’amour charnel.

    Or l’amérique a besoin de SM pour dépasser ses limites alors qu’il faut demander presque par écrit à sa propre femme si elle veut faire l’amour pour ne pas être accusé de viol. Ils sont fous ces romains, pardon ces ricains.

    Personnellement un simple bout de dentelle, un sourire, des palpitations de coeur suffisent à me faire fantasmer, aimer et plus si affinités charnelle ;-))

    gentleman w
    nylon-volupte.com

  4. siliam 7 septembre 2012 at 07:34 #

    Perso, j’aurai mieux vu Alexander Skarsgård pour ce rôle, que Ryan (que j’aime bcp certes mais un peu trop miel cul cul à mon goût)… qui sait… il fera p-e très bien ça le renouveau Tom Cruise pervers à la Eyes Wide Shut ;-) We’ll see !

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