J’ai testé le Pilates

29 juin

Jennifer Aniston, Couteney Cox, Sarah Jessica Parker, Uma Thurman, et, avant elles, Lauren Bacall ou Audrey Hepburn… Toutes sont passées par la case Pilates. Cet engouement est pour moi aussi mystérieux que la discipline elle-même. Alors, parce que j’ai une conscience professionnelle et quelques kilos à perdre, pour vous (et pour moi), j’ai mené l’enquête.

Je me documente. Car, pour le moment, « Pilates » rime pour moi avec « benchmarking concurrentiel », « serveur proxy » ou « acide acétylsalicylique » : je ne vois pas du tout de quoi il s’agit. Mais le mot fait apparaître chez moi des images de lutteurs romains (allez savoir pourquoi). Et là, j’apprends que le Pilates tire son nom de son inventeur : Joseph Pilates. Logique. Jusque-là, je suis.

Il était une fois, en Allemagne, un petit garçon prénommé Joseph. Né en 1883 d’un père gymnaste et d’une mère naturopathe, l’enfant souffrait de rachistime, de rhumatisme et d’asthme. Boxe, cirque, gymnastique, yoga, arts martiaux… Laborieux, le garçonnet devenu homme s’est essayé à presque toutes les disciplines pour améliorer sa condition physique. Après avoir emménagé en Angleterre, il a même enseigné des techniques d’auto-défense à Scotland Yard. Puis, lors de la Première guerre mondiale, il est fait prisonnier. Il invente alors dans sa cellule exigüe ce qui deviendra le Pilates. Il s’engage dans le maintien et la rééducation physique de ses codétenus en démantelant un lit à ressorts (l’ancêtre du Cadillac, on en reparlera plus bas) pour en faire une machine d’entraînement. Une méthode qui marche puisque ses camarades de cellule et lui-même survivront à la grippe qui frappe alors tout le monde. (Je ne serais pas étonnée de savoir que Clint Eastwood prépare un film sur le sujet.) Après la guerre et un bref passage en Allemagne où il formera des policiers d’Hambourg et étudiera la danse, Joseph émigre à New York et ouvre son studio de Contrology, dans lequel il enseigne les bases de sa méthode. Et c’est un succès puisque toutes les stars de l’époque se ruent chez lui, notamment les danseurs professionnels (dont certains viennent pour récupérer d’une blessure) comme Martha Graham ou George Balanchine. Joseph Pilates a dit :  » Après 10 séances, vous sentez la référence. Après 20 séances, vous voyez la différence. Et après 30 séances, vous avez un corps tout neuf. » Voyons voir !

Joseph Pilates, en pleine séance de coaching.

Point de départ : une offre de cinq cours dans un centre chic et branché du centre de la Capitale, l’Espace Saint-Louis. Situé sur l’île du même nom, ma première impression s’avère plutôt positive : c’est situé en limite du Marais et donc central (autant dire que moins il y a de changements de métro, moins j’ai d’excuses pour ne pas y aller), propre et feng shui (un petit thé vert pour bien commencer la séance ?), et idéal pour enchaîner avec un brunch/goûter/apéro/dîner (un ventre reste un ventre).

Premier cours : mon professeur, athlétique, nous explique les principes du Pilates. Une gymnastique douce, qui fait travailler les muscles profonds constituteurs de notre maintien. Soyons honnête, le maintien n’est pas une priorité pour la nana de base, si la ligne ne va pas avec. Mais je veux croire en Joseph et n’ai pas peur du long terme. Le cours débute : respiration, étirements… Puis les exercices s’enchaînent, pas compliqués, le but étant de faire les mouvements lentement, en prenant conscience de ses muscles et en respirant profondément. On entend parler de « maison », « plancher pelvien », « ischions », « bas de jambe »… Le prof passe pour rectifier chaque position. Derniers étirements. Bilan : je me sens plus légère, je me tiens plus droite, je respire mieux et, surtout, le lendemain, j’ai des courbatures, alors que, sincèrement, pas une minute je n’ai eu l’impression d’avoir forcé.

Deuxième cours : place à l’équipement. Ballon suisse ou Powerball (de 55 à 65 cm de diamètre), Roller (un boudin de mousse rigide d’environ 90 cm de longueur), Magic Circle (anneau en plastique avec deux coussinets de chaque côté)… Avec eux, les positions vont se compliquer : ils engendrent un déséquilibre ou une résistance qui implique de contracter tous les muscles profonds pour maintenir la position. Je ne l’ai pas encore testée, mais il existe également une machine de torture appelée Cadillac avec poulies et plateau coulissant… Bref, c’est de la vraie muscu, quoi ! Je sors du cours un peu HS, j’ai même transpiré.

Dixième cours : (Hé oui, je suis tellement addict que j’ai repris un carnet de cours) l’entraînement fait son œuvre. A force de pratiquer, mon sens de l’équilibre s’améliore considérablement, ma souplesse idem, pareil pour ma posture, et je ne parle pas de mes abdos qui commencent à être en béton armé. Les exercices se compliquent avec des positions de plus en plus improbables, et je découvre tout ce que mon corps est capable de faire. Je commence à connaître les exercices par cœur, à tel point que pratiquer à la maison n’est plus un problème. Single leg circles, Rolling like a ball, Swimming, Swan… En plus, je deviens bilingue option Pilates.

Bilan : à raison d’une pratique régulière et sérieuse, le Pilates est ma révélation de l’année. Je suis totalement accro, on travaille absolument toutes les parties du corps, les exercices sont variés et ludiques, les heures passent sans que je m’en rende compte, mon corps change petit à petit et se renforce.

Bémol : d’abord, le prix. Le Pilates s’apparente à un coaching personnel (les cours sont en effet d’une dizaine de personnes) et exige un équipement particulier, ce que vous payez, bien entendu. A raison de 15 à 25 euros le cours, à vous de calculer le budget par mois et de faire l’effort financier ou non. En sachant que la plupart des salles proposent des abonnements annuels illimités, plus intéressants si vous comptez être assidue. Enfin, pour les stakhanovistes de la sueur et de la douleur, qui aiment les pratiques extrêmes comme le yoga bikram ou la boxe, vous risquez de vous endormir. Quoique le Pilates peut être le complément idéal à une discipline intense, afin d’étirer les muscles et d’éviter de ressembler à une sprinteuse du 100 m.

A bon entendeur !

Dépeint par l’intégriste culturelle

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2 Réponses to “J’ai testé le Pilates”

  1. Catherine 22 août 2012 at 14:02 #

    J’ai découvert le Pilates récemment et je dois dire que j’aime beaucoup !
    Les exercices sont expliqués de manière à ce que le corps travaille en douceur et surtout il est indiqué comment bien faire les mouvements pour ne pas se blesser.

  2. Caroline - So Food So Design 19 juin 2013 at 10:43 #

    Je suis également accro, même si je n’y vais pas assez souvent. Pour le prix, on trouve des petits clubs de sports parisiens trés biens pour 30€/mois (cours illimités s’il vou plait) et qui proposent des cours de pilates de qualité

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