« The Artist » : quand ton silence est d’or

18 jan

Le week-end dernier, trois Golden Globes sont venus subitement auréoler un petit film frenchy, rétro et muet comme une tombe, The Artist. Des récompenses, et pas des moindres : Meilleure musique de film, Meilleure comédie et Meilleur acteur de comédie pour Jean Dujardin.

Question : mais qu’est-ce qui s’est passé ?? Franchement, rappelez-vous votre première rencontre avec la fine équipe d’OSS 117 : Le Caire, nid d’espions (sorti en 2006). Qui eut cru qu’elle aurait un jour sa place dans le palmarès 2012 des Oscars au milieu de George Clooney, Woody Allen et Martin Scorsese ?

OSS 117 : Le Caire, nid d'espions, magnifiquement interprété par Jean Dujardin et Bérénice Bejo, également commis par Michel Hazanavicius.

Coupez (le son) !

L’oracle de la rédaction, notre Intégriste culturelle à nous, l’avait pressenti, aussi les lecteurs d’Arsenic n’étaient pas surpris de voir Games of Thrones sortir du lot ou encore Michelle Williams récompensée (Meilleure actrice) pour ses pirouettes poupoupidouesques. Pourtant, pour le prix du Meilleur acteur, le jury des GG a écarté son champion, notre amoureux Ryan Gosling, à la faveur du Loulou de nos années fac.

Et là, on s’interroge.

Parce qu’on sait bien qu’il a du charme, Brice de Nice, mais là on l’a mis en face d’un Brad Pitt en devenir (c-à-d pas vraiment la même catégorie) et c’est notre Jeannot qu’a gagné ! Magnifique ! Heu, pourquoi déjà ?

Le Roi du silence

C’est peut-être parce que, pour une fois, il se tait, le « Braïsse de Naïsse ». Il la boucle. Il l’écrase. Il ferme sa mouille. Zéro blague pourrie, aucune vanne, nada. De quoi transformer un homme normal en héros vintage. A peine a-t-on droit au petit sourire en coin qu’on lui connaît, celui de la pub Colgate avec le sourcil gauche en accent circonflexe. Le silence lui va à ravir.

Comme le souligne Michel Hazanavicius (le réal), l’absence de dialogue laisse un champ d’action immense au jeu de l’acteur, décuplant son quotient émotionnel, ajoutant une touche sensuelle à l’image déjà assourdie par le noir et  blanc. Et dès les premières scènes du film, c’est avec une délectation à peine dissimulée que Dujardin se glisse dans un silence feutré. Tout est dans le fameux sourire en coin, les mimiques dignes du Mime Marceau, l’énergie du body language, l’amplitude du geste Sans oublier un accessoire canin redoutablement efficace, un genre de Milou qui l’accompagne tout au long du film pour lui donner une réplique muette, ni homme ni bête n’ayant le loisir de s’exprimer par la parole.

Réponse : shhhhhhhut…

C’est sans doute le choix courageux d’un film silencieux qui a été récompensé par les Golden Globes. Non seulement il laisse aux interprètes une grande liberté dans le jeu de scène et permet aux grands acteurs de s’illustrer (bravo Jeannot !!), mais il constitue aussi un très bel hommage au septième art et plus particulièrement aux débuts du cinéma hollywoodien.

Ou seconde hypothèse : la French team, Jean Dujardin en tête, va juste déchirer en 2012. Qui ne dit mot consent ! Un ptit Oscar, John ?

Promulgué par l’Altesse mondialiste

About these ads

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 265 autres abonnés

%d blogueurs aiment cette page :